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sept 11 2013

Raconte-moi Aït Ourir

Voyage à Aït Ourir, une beauté authentique

Aït Ourir

Aït Ourir : un voyage au cœur de la culture berbère

Si vous avez l’opportunité, au cours de vos voyages au Maroc, de passer à Aït Ourir, prenez le temps de vous y arrêter véritablement et de vous aventurer au cœur de la Ville et de ses environs. Ici, c’est le plat pays ! Et en même temps, on est entouré constamment par le Haut Atlas.

 

Voici le programme qui vous attend :

Des paysages authentiques et préservés au détour de montagnes, de vallées, de torrents, de cascades, de douars berbères traditionnels… Un panorama source d’inspiration pour les artistes locaux qui comblera les amoureux de la nature !

 

Une ville d’émotion, ensoleillée tout au long des quatre saisons. Vous pourrez profiter de la douceur du printemps, de la fraîcheur des nuits d’été après une belle journée bien remplie, des pistes de ski en hiver ou tout simplement vous laisser vivre au gré des longues journées d’automne !

 

Des produits du terroir propres à la région : olivier, amandier, figuier de barbarie, grenadier, figuier, citronnier, eucalyptus, henné

 

Des savoir-faire ancestraux transmis de génération en génération : poterie, tissage de tapis, broderie, ferronnerie, menuiserie… Et bien d’autres choses encore !

 

Des exploitations familiales : huilerie, élevage de bétail (moutons, chèvres, poules, lapins…), culture de la pomme de terre, de fèves…

 

Une population chaleureuse, respectueuse des valeurs humaines et des traditions et ouverte sur le monde. Et on fait comment pour se comprendre, me direz-vous ?

 

Pas d’appréhension, sourire garanti en plus de la possibilité d’échanger en français ou en espagnol. Si si, plus de 30% de la population est francophone ! Pour ceux qui on envie de se mettre aux langues étrangères, vous avez le choix entre l’arabe et le berbère (tamazight officialisé en 2011).

 

La langue berbère, parlée par 40% de la population, diffère selon les régions. A Aït Ourir, on parle tachelhit. C’est le cas aussi dans l’Anti-Atlas et le Souss. Vous êtes déjà à Aït Ourir ? Consultez vite le lexique berbère dans la page « Pratique » de ce blog ! Si vous vous aventurez dans le Moyen Atlas, c’est le tamazight et tarifit dans la Région du Rif. A vos lexiques !

Rendez-vous avec Aït Ourir, l’authentique dans les prochains articles.

sept 08 2014

Raconte-moi Aït Ourir

Le cinéma s’invite à Aït Ourir

Aït Ourir fait son cinéma…

Lorsque l’on évoque le cinéma marocain, on pense immédiatement à Marrakech et à Ouarzazate. Aujourd’hui, on pense aussi à Aït Ourir. Si, si, ce n’est pas une plaisanterie !

1897. Une année chargée d’histoire dans le monde entier. Au Maroc, c’est l’année du premier tournage et le début d’une longue série de tournages étrangers sur les terres du royaume. Place à la passion et à l’histoire ou plutôt aux histoires. Les réalisateurs marocains laissent exploser leur créativité et se lancent dans les courts-métrages. Au Maroc, on aime les histoires et les contes. Raconter des histoires sur le grand écran n’était qu’une question de temps !

60 ans plus tard – en 1958 exactement – on assiste à la diffusion du premier long-métrage marocain. Une date mémorable dans l’histoire de l’industrie cinématographique marocaine.

Et 60 autres années plus tard, le premier long-métrage marocain entièrement en amazigh (berbère) est projeté sur le grand écran en 2006. L’histoire se déroule à Aït Ourir, un lieu culturel de plus en plus prisé par le monde du cinéma.

Aït Ourir fait son cinéma et poursuit son chemin tout en gardant le cap sur ses valeurs, c’est ce qui fait son identité et la rend unique!

20 longs-métrages par an sont aujourd’hui produits au Maroc. Le pays se classe ainsi à la troisième place sur le continent africain derrière l’Egypte et l’Afrique du Sud.

Les films « Le sac de farine » et « Né quelque part », reflet d’une longue histoire d’amitié cinématographique entre le Maroc, la France et la Belgique, sont tournés au cœur même de la ville d’Aït Ourir et dans ses alentours.

 

« Le sac de farine » de Kadija Leclere (Compagnie Cinématographique de France, Sahara Productions)

Le film, tourné à Aït Ourir, raconte l’histoire de Sarah.

« Sarah a 8 ans. Petite orpheline d’origine marocaine, elle est élevée dans un foyer d’accueil catholique à Alsemberg. Elle rêve de connaître ses parents. Un jour, son père biologique apparaît et l’invite à passer un week-end à Paris. Sarah se réveille à Aït Ourir, petite ville du Haut Atlas marocain. Décidé à lui faire découvrir son pays, sa culture et ses racines, le père décide de la confier à sa famille à Aït Ourir. Petit à petit, Sarah découvre sa nouvelle vie. On retrouve Sarah a 17 ans. 1984, la révolte de la faim éclate. Sarah rêve d’indépendance, de passer son bac et de retourner en Belgique ».

« Né quelque part » de Mohamed Hamidi (Quad Productions, Kissfilms)

Bien que l’histoire se déroule en Algérie, le film est tourné au Maroc dans les environs de la ville d’Aït Ourir, sur la route de l’Ourika et à Tahanaout.

« Farid, jeune Français de 26 ans, doit aller en Algérie pour sauver la maison de son père. Découvrant ce pays où il n’a jamais mis les pieds, il tombe sous le charme d’une galerie de personnages étonnants dont l’humour et la simplicité vont profondément le toucher. Parmi eux, son cousin, un jeune homme vif et débrouillard qui nourrit le rêve de pouvoir rejoindre la France… ».

 

 

Ces films parlent de l’éloignement, de la recherche de soi, de l’amour, de l’amitié, des liens du sang et surtout on revient toujours à l’essentiel : l’appropriation ou réappropriation de ses racines et de son histoire.

Un proverbe berbère dit : « Yan ur-issen mani gh-d yuchka, ur issen mani ira!… Celui qui ne sait pas d’où il vient ne sait pas où il va! ».

Rendez-vous dans les salles obscures et partez à la découverte ou redécouverte de films sublimés par les paysages hors du commun du Haut Atlas marocain et par les talents marocains, d’ailleurs, d’aujourd’hui et de demain!

 

août 08 2014

Raconte-moi Aït Ourir

Vendredi, c’est couscous…

 

Le saviez-vous ?

Le couscous est d’origine berbère. En témoignent des pots primitifs de couscous trouvés dans des tombes au temps du règne du Roi berbère Massinissa (238-149 Avant JC).

Chez les berbères, le couscous (seksu en berbère) constitue le plat le plus noble de la gastronomie berbère. C’est le plat des grands événements (mariage, grossesse, naissance, circoncision, jour de l’an…). Par exemple, le couscous est indispensable lors d’un mariage. Exit l’idée d’un repas en solitaire et place au partage, à la joie, à la solidarité et à la convivialité. Le couscous est un plat qui se partage en famille, entre amis, entre voisins et est offert aux plus démunis. Plat ancestral aux mille et une couleurs, il a su distiller une mosaïque de saveurs dans les foyers du monde entier.

Le couscous, c’est aussi le plat incontournable du vendredi au Maroc. Pour le préparer, contrairement aux idées reçues, rien de plus simple. Il suffit pour cela de choisir un bon couscous, de la bonne viande, des légumes frais de saison et des épices. Sauce rouge parfumée garantie. Le couscous varie selon les régions, les saisons et les occasions. Il est réalisé à base de semoule de blé ou d’orge et peut se déguster salé ou sucré. Aujourd’hui, c’est salé.

Recette de couscous à l’agneau et aux légumes

 
Ingrédients :

1 kg de couscous (semoule fine)

1 kg de viande d’agneau coupée en morceaux

Carottes

Navets

Fèves

Pois chiches trempés

Pommes de terre

Courgettes

Citrouille

1 ou 2 poivrons

1 bouquet de coriandre

2 gros oignons

2 tomates fraîches

1 c. à soupe de coulis de tomates

1 verre à thé d’huile d’olive

Sel

Poivre

Curcumin

Paprika (piment doux)

1 c. à café de beurre rance

 
Préparation :

Dans la marmite, placer la viande et y ajouter l’huile d’olive, le sel, le poivre, le paprika, le curcumin, le beurre rance, l’équivalent d’un verre d’eau et laisser saisir à feu doux. Couper deux oignons en gros morceaux. Peler et râper 2 tomates fraîches. Ajouter le tout à la viande et aux épices avec les pois chiches, 1 c. à soupe de coulis de tomates et la coriandre. Laisser réduire 10 à 15 mn puis couvrir le tout d’eau bouillante à hauteur de la moitié de la marmite. Couvrir et laisser cuire à feu vif.

 
En attendant, préparer la semoule de couscous. Dans un grand récipient, humecter la semoule avec de l’huile de tournesol, ensuite l’imprégner avec l’équivalent d’un verre d’eau. Peler les carottes et les navets à ajouter dans la marmite dès ébullition. Puis mettre la semoule à cuire à la vapeur pendant 30 mn.

 
Enlever la semoule au bout de 30 mn et la mettre sous un jet d’eau froide. Laisser égoutter et gonfler 10 à 15 mn. En attendant, ajouter les fèves, les poivrons, les pommes de terre, la citrouille et les courgettes dans la marmite.

 
Vider la semoule dans le récipient, l’enduire et l’aérer avec 2 c. à café d’huile d’olive à l’aide d’une fourchette ou avec les doigts afin que chaque grain de semoule soit parfumé. Saler légèrement la semoule puis la remettre à cuire à la vapeur environ 20 mn.

 
Dresser le couscous très chaud dans un plat unique en plaçant la viande puis les légumes. Servir avec du lait fermenté frais.

Couscous berbère, Aït Ourir 2013

 
Je vous souhaite un excellent appétit !

 

juil 08 2014

Raconte-moi Aït Ourir

Une histoire de… Vies

Les bijoux berbères en argent

Les bijoux traditionnels berbères sont essentiellement faits en argent. Reconnaissables par leurs motifs géométriques et leurs couleurs, ils peuvent être lourds et imposants ou légers et discrets, incrustés de pierres ornementales ou précieuses. Certaines formes de bijoux remontent à des milliers d’années. En plus d’être de véritables œuvres d’art, certains brillaient par leur sens pratique . C’est le cas de la fibule à la fois bijoux, broche et arme de défense. La broche permettait de relier deux pièces de tissus d’un vêtement, son aiguille de se protéger grâce à sa pointe acérée. S’ils ont aujourd’hui perdu cette utilité, ils continuent de scintiller au quotidien autour des poignets, au cou et aux doigts de nos aïeules ou au cours d’événements familiaux (mariage, naissance, baptême…). Certains bijoux nécessitent plusieurs jours de travail. Un travail artisanal délicat inspiré de l’histoire du peuple berbère.

Visualisez les galeries en cliquant sur une photo puis sur la flèche de droite ou de gauche

Autrefois, ces bijoux anciens en argent étaient considérés comme un luxe. Ils constituaient une épargne pour le foyer, un rempart contre les aléas de la vie et une protection de la femme en cas de séparation.

Un bijou, c’est aussi une intention. Une histoire. Des histoires. Celles de celui qui offre, de celle qui reçoit puis transmet.

L’histoire de ces deux bracelets berbères en argent est celle d’un jeune homme issu du plat pays et d’une jeune fille originaire des montagnes du Haut Atlas. Le destin s’est mis en marche le jour où le jeune homme a aperçu la jeune fille au bord d’une rivière. Deux vies scellées depuis 50 ans.

juin 23 2014

Raconte-moi Aït Ourir

Voyage à… Sidi Rahou : épisode 3

 

Bienvenue à Sidi Rahou !

 

Maison en pisé à Sidi Rahou, Maroc

 

 

Comme promis, je vous emmène derrière les portes d’une maison en pisé du village. Accueillir un visiteur à Sidi Rahou est aussi naturel que respirer. Toquer à une porte et on vous saluera avec un chaleureux « Chkoun !? » (« C’est qui !? ») et les embrassades d’usage. Une manière originale de votre hôte de vous signaler sa présence et de se laisser le temps de traverser le patio.

Une fois le vestibule franchit, on vous invitera à savourer une collation au salon (tamesrit en tachelhit) réservé aux invités et aux grands événements. Autrefois situé à l’étage, on y accédait par un escalier extérieur. Laissez-vous tenter par les banquettes ou détendez-vous sur des nattes en paille tressée disposées à même le sol et sublimées par des tapis berbères aux couleurs et motifs ancestraux. Entièrement réalisés à la main, ils se transmettent de mère en fille.

De forme rectangulaire, la maison berbère et ses différentes pièces à vivre sont accessibles par un patio verdoyant, havre de paix pour toute la famille. Le patio est un véritable lieu de vie et de passage, témoin de la vie quotidienne de la famille et du village. On s’y installe pour faire sa lessive, les devoirs, décortiquer des amandes ou encore fabriquer un tapis berbère en compagnie de ses voisines et amies. On partage des confidences. Certains s’accordent une sieste, d’autres profitent de la fraîcheur des nuits d’été pour dormir à la belle étoile ou raconter des histoires à la lueur des bougies… Le patio peut aussi se transformer en terrain de jeux pour les enfants. Mille et un jeux : sauts à l’élastique, cache-cache, trottinette, marelle, saute-mouton, les osselets… Des divertissements qui se déclinent à l’infini et au gré de leurs envies.

Les chambres, la cuisine, le grenier et l’étable sont situés tout autour du patio. Cap sur les chambres abritées par des petites portes en bois. Des niches y étaient autrefois construites et étaient destinées à dissimuler ses biens les plus précieux. Pratiques, elles sont également présentes dans la cuisine et servent à ranger les objets du quotidien. Les fenêtres en fer forgé et les portes en bois sont réalisées par les artisans locaux. Certaines datent de plus de 150 ans. Les plafonds sont recouverts de bambou et soutenus par des poutres en bois d’eucalyptus. Les poutres sont en bois naturel ou peint.

La visite se poursuit. Direction la cuisine. Un lieu où sont concoctés des plats traditionnels aux saveurs exceptionnelles. Des plats réalisés avec les mêmes ustensiles et ingrédients utilisés par les anciens. Des gestes inoubliables et des objets aux mille et une histoire.

Envie de découvrir ?

Vous aimerez aussi Le tapis berbère de Le Petit Monde de Miss A.

 

juin 09 2014

Raconte-moi Aït Ourir

Mardi… C’est jour de souk à Aït Ourir !

Le souk (marché). Qu’est-ce que cela évoque pour vous ?

Moi, cela me transporte à mon enfance, à mon grand-père paternel. Une image toujours présente dans ma mémoire. Lui me tendant une sucrerie. Pas n’importe laquelle. Un bonbon carré multicolore, Arlequin aux mille couleurs. Chaque semaine, il partait loin pour approvisionner toute la famille. Où cela ? Tout ce que je savais, c’était qu’il reviendrait avec une surprise.

Mardi. C’est un jour spécial à Aït Ourir depuis plus de deux cent ans. C’est le jour de repos hebdomadaire, enfin pour presque tout le monde… C’est aussi le jour où l’on se retrouve en famille. On passe du temps avec son épouse et ses enfants. On rend visite aux voisins et à la famille. On prend soin de soi. Certains sont déjà au hammam depuis 6 heures du matin. Mais avant tout, c’est jour de souk. Dès le crépuscule, le bruit des sabots des mulets et des ânes tirant les charrettes, l’odeur du café, des beignets, du pain et de la soupe nous réveillent. Situé sur la rive droite de l’Oued Zat, on peut s’y rendre à pied, en voiture, en calèche, à vélo, en taxi ou à dos d’âne en quelques minutes. Du choix, du choix et du choix.

Longtemps réservé aux hommes, on y rencontre aujourd’hui – timidement mais sûrement – femmes et enfants surtout l’après-midi ou en fin de journée. Le matin reste un moment privilégié pour les hommes venus vendre leurs bétails ou leur production.

Quand on y regarde de plus près, le souk commence en réalité dès lundi. Une sorte de vente-privée dont vaches, veaux et bœufs sont les stars exclusives ! La relève est assurée dès le lendemain par les moutons, les chèvres, les mulets, les ânes, les chevaux, les juments, les volailles…

Le souk d’Aït Ourir, c’est LE lieu de rencontres. Barbiers, notaires, bouchers, restaurateurs… sont au rendez-vous. On vient de partout : des villages alentours, de Sidi Ben Nor, de Safé, de Beni Mellal… C’est aussi l’occasion de déguster les produits locaux et de découvrir notre artisanat (poterie, ferronnerie, menuiserie…). Envie de comprendre comment se fabrique un hammam traditionnel ? Les artisans travaillent sous vos yeux, alors n’hésitez pas à engager la conversation. C’est l’automne ou l’hiver ? Prenez le temps de goûter et de savourer des pois chiches ou des fèves salés et parfumés au cumin. Les commerçants sont essentiellement des hommes mais vous rencontrez également des femmes qui vendent toutes sortes de choses : pain fait maison, produits de beauté locaux…

Et le reste de la semaine ? Rendez-vous à la place centrale d’Aït Ourir (Tasokte), un mini-souk permanent.

Alors à mardi…

 

 

 

 

 

 

mai 05 2014

Raconte-moi Aït Ourir

Voyage à… Sidi Rahou : épisode 2

 

Douar Sidi RahouC’est où ? Question légitime que nombreux d’entre vous m’ont posé.

Si je vous dis Marrakech ? Jusque-là tout va bien. Ouarzazate ? Idem. Et Aït Ourir, Sidi Rahou ça chauffe toujours ? On sort de Marrakech, direction Ouarzazate… Après 35 km de paysages sublimés par le Haut Atlas marocain, arrivée à Aït Ourir. Là, on tourne à gauche direction Sidi Rahou. Oui, oui, Sidi Rahou… Faites-moi confiance car Sidi Rahal, c’est une autre histoire, une autre destination…

Douar Sidi Rahou… Un patrimoine humain, naturel, historique, gastronomique… auquel il est difficile de résister. Un voyage dans un monde coupé de la réalité. Sidi Rahou, c’est trois choses : la nature, la nature et la nature. Un cadre emprunt de sérénité où tout est à explorer !

Douar Sidi Rahou, c’est aussi…

Huit grandes familles installées depuis plus de cinq générations. Tous des « Aït (ayt)… » ou « Des enfants de… ». Des gens du village. Des berbères du Haut Atlas. Les membres d’une même famille cohabitent sur les terres familiales héritées de génération en génération. Tout le monde se connaît, la vie de village c’est aussi ça.

L’hospitalité et la solidarité… Une évidence à Sidi Rahou. Plus de feu pour préparer le petit-déjeuner ? Pas de problème. Armée d’une louche, il suffisait – et il suffit toujours – de toquer chez la voisine elle aussi levée à l’aube pour en obtenir. Une petite pause pour saluer un habitant ? Savourez un verre de thé ou de café au lait parfumé à la cannelle accompagné de pain et de beurre frais, d’olives noires sans oublier un peu d’huile d’olive à consommer sans modération !

Ici, on vit essentiellement des fruits de ses terres : orge, olives, pommes de terre, fèves, oignons, amandes, figues, citrons, figues de barbarie… Le reste provient des élevages : moutons, chèvres, vaches, lapins, poules, pintades…

D’autres produits du quotidien sont achetés dans les petits commerces de proximité – les hanouts – ou à Aït Ourir surtout le mardi, jour de repos pour tous et jour de souk (marché).

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Et aussi…

Des demeures anciennes de couleur ocre et en pisé. Une technique ancestrale. Certaines maisons sont de véritables doyennes : deux fois centenaire. Un havre de paix coupé du monde où toutes les fenêtres donnent sur un patio verdoyant à l’image de la maîtresse de maison : citronniers, orangers, pommiers, roses trémières…

Une petite visite à l’intérieur… Ça vous tente ?

oct 23 2013

Raconte-moi Aït Ourir

Figuier de Barbarie (aknaraï en tachelhit)

 

Figues de Barbarie (01/2013 - Raconte-moi Aït Ourir)

 

Le figuier de Barbarie. Qu’est-ce que cela vous évoque ?

Moi, sans hésiter : un goût parfumé, un fruit juteux, sucré et frais… Mille et une cachettes, compétition et chapardage… Rien de bien méchant ! Vous allez vite comprendre. Imaginez trois petits garnements qui faisaient les quatre cent coups ensemble et qui se retrouvaient souvent dans des situations « épineuses ».

Imaginez-les par une belle journée d’été galopant à travers les champs de Sidi Rahou à la recherche d’un peu d’ombre et d’un petit quelque chose de frais à se mettre sous la dent. Le défi ? Dénicher les figues de Barbarie enfouies sous la paille. Un réfrigérateur 100% bio.

Aucun fruit frais en vue ? Qu’à cela ne tienne. Il ne reste plus qu’à se servir à la source.

Attention, pas n’importe comment. L’idéal : cueillir les figues de Barbarie le matin. Rouges, jaunes ou blanches, à vous de choisir. Gare aux yeux et aux mains si l’envie vous prenait de vous servir sur le chemin d’une randonnée… Discrètes voire invisibles, les petites épines blanchâtres n’en sont pas moins présentes.

Oublié la courte échelle ou l’escabeau. Eh oui, certains cactus mesurent jusqu’à 5 mètres de hauteur.

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Alors comment fait-on pour les cueillir ?

Première option. Une grande tige de bambou fendue en deux à l’extrémité sur une dizaine de centimètres et reliée par une longue ficelle. On attrape la figue de Barbarie, on tire sur la ficelle – telle une canne à pêche prête à remonter un poisson – puis on cueille le fruit en effectuant un tour à 90°. Une pratique ancestrale.

Deuxième option. Armez-vous de gant ou de papier journal. Un tour de poignet et la figue de Barbarie est dans vos mains. Le fruit est prêt à être dégusté après l’avoir débarrassé de ses épines en le lavant ou en le frottant avec du papier ou une brosse. Il suffit de couper les deux extrémités puis de le fendre en deux. Le tour est joué. Succulent avec du pain frais !

Troisième option. Les acheter directement au souk d’Aït Ourir ou auprès des marchands ambulants que vous rencontrerez tout au long de votre séjour.

Vous avez aimé. Pourquoi ne pas essayer un jus de figues de Barbarie en terrasse ou sa confiture de fruits autour d’un petit-déjeuner ? Pour les amateurs de gastronomie, ne ratez pas le vinaigre de cactus…

Envie de vous détendre ? Le savon et l’huile de figue de Barbarie ont de multiples vertus. Anti-âge, cicatrisante et hydratante. Du choix, du choix et du choix.

C’est aussi un excellent aliment pour le bétail qui savoure à la fois le fruit et la raquette du cactus.

Vous allez me dire : que de qualités !

Figuier de Barbarie - Vallée du Zat (Janvier 2013 - Raconte-moi Aït Ourir)Et ce n’est pas terminé. En plus d’être résistant, c’est le voisin idéal. Il fait moins 5°C, même pas peur. Proposez-lui des températures avoisinant les 15°C à 18°C toute l’année, c’est votre arbre. Vous pouvez le trouver au milieu d’un jardin familial, sur le bord d’un chemin entouré de ses amis les amandiers, les oliviers, les palmiers… ou protecteur d’une habitation ou exploitation familiale. Une autre de ses qualités : la générosité. A peine âgé de 5 ans, le figuier de Barbarie nous offre ses fruits à foison.

Très populaire, il se fait une mise en beauté au printemps et parfois même à la fin de l’été juste après nous avoir régalés de ses fruits pendant trois mois.

« Si le labour se faisait avec la simple vue, n’importe qui moissonnerait »

(proverbe berbère)

Bonne découverte !

oct 10 2013

Raconte-moi Aït Ourir

Une histoire de… naissance

 

Tu es né(e) quand ?

Cette question peut paraitre anodine ou prêter à sourire mais il n’est pas toujours facile d’y répondre. Pourquoi ça ?

Parce qu’on a tendance à penser que tout le monde se souvient que telle personne est née en telle année, tel mois et tel jour et même à telle heure. Tendance aussi à oublier que l’Etat Civil n’est pas une évidence en soi et qu’il a bien fallu un commencement comme pour toute chose! Et lorsque l’on part de rien, il faut faire parfois preuve d’ingéniosité et se servir de ce que nous offre la Nature. On peut faire appel à sa mémoire ou rechercher d’autres repères.

Pour toute chose il faut du temps… et en attendant, il faut bien continuer à avancer, à imaginer, à vivre et tout ça en construisant ses propres repères !

Comment faisaient les anciens, alors ?

A chacun sa méthode.

Pour ceux qui avaient une mémoire d’éléphant, pas de problème… Le moindre petit détail était ancré dans leur mémoire.

Pour les autres, chaque événement était relié à un autre. Telle naissance correspondait à tel événement… et cela marchait ! Chacun y allait de son anecdote. Nos soirées étaient peuplées d’histoires aussi vivantes et drôles que les contes de Grimm.

« Au fait Khadija, ton veau est devenu adulte maintenant. Ta vache avait mis bas quand déjà ?… Rappelle-toi, c’était quand Mohamed construisait son salon (tamesrit en tachelhit) ! ». Et qui se souvenait de la période où Mohamed construisait son salon !?

 

Un âne

 

 

« Et toi Fatima, tu es née quand ?… Le jour où l’âne est tombé au fond du puits !… Moi, c’était l’année de la sécheresse, vous vous souvenez ? 120 jours sans pluie ! Pas une seule goutte d’eau ». L’eau. Une denrée très rare…

 

 

 

Une autre de nos richesses ?

Avoir trois grands-mères. Oui, oui, trois grands-mères. C’est qui la troisième ? Celle qui nous mettait au monde ! Au village, elle faisait office de médecin, de vétérinaire, de conteuse, de sage-femme… et bien entendu d’officier d’Etat-Civil. Eh oui, au départ, les livrets de famille étaient uniquement délivrés aux personnes qui travaillaient.

Astucieuse grand-mère ! Pour tenir le registre des naissances, elle employait deux méthodes ingénieuses et pas très couteuses : un fil et une bouteille. Tantôt, elle utilisait le fil sur lequel elle faisait un nœud, tantôt elle remplissait une bouteille de petits cailloux. Chaque nœud ou cailloux représentait une naissance.

Et vous, vous êtes nés quand !?

oct 02 2013

Raconte-moi Aït Ourir

Le henné (Henna en tachelhit)

 

Lorsque l’on évoque le henné, je ne peux m’empêcher de penser aux veilles de fêtes comme l’Aïd. Je nous vois encore enfants, faisant la queue devant notre mère, attendant patiemment notre tour. Elle nous appliquait du henné au creux de chaque main qu’elle entourait ensuite de papier puis d’un sac en plastique pour que nous puissions passer une nuit paisible, histoire de ne pas nous tâcher. Nous étions alors prêts pour un match de boxe !

Les matins ressemblaient à ceux de Noël. Nous portions nos plus beaux habits. Chacun se précipitait pour découvrir et montrer son dessin au henné. Eh oui, le résultat n’était pas le même selon que l’on avait boxé toute la nuit ou dormi les bras tendus comme si notre vie en dépendait !

Oui, le henné rime avec fête et partage. Il célèbre tous les moments heureux tels qu’un mariage, une circoncision, un pèlerinage, un voyage… Partage parce que quelque soit l’événement et la personne qui a demandé un tatouage au henné, elle en fait profiter ses invitées. Une règle d’or : utiliser tout le henné. Un véritable cadeau pour les femmes et les enfants présents.

La nuit du henné reste l’occasion pour la mariée, entourée de sa famille et de ses amies, de se faire chouchouter pour être la plus belle le jour de son mariage. Parée de magnifiques caftans, elle couvre ses mains, ses pieds et ses chevilles d’un voile de dentelle au henné après s’être fait dorloter au hammam. Un seul mot d’ordre : rires, danses, chants, souvenirs… pendant que les mains de chacune des convives s’apprêtent de motifs floraux ou géométriques (le point symbole du foyer, le triangle avec la pointe vers le bas celui de l’eau…) les unes après les autres au fil de la nuit. Et le marié dans tout ça ? Sa séance beauté. Un magnifique cercle au creux de la main droite.

Le henné (Henna en tachelhit)

Comment fait-on me direz-vous ?

Première étape, trouver une Nekacha (tatoueuse au henné). Deuxième étape, l’accueillir avec un plateau composé d’une boisson chaude – du thé à la menthe, hospitalité marocaine oblige – de poudre de henné, de citrons, de sucre et d’huile d’olive. Troisième étape, place à la créativité : le henné est préparé sous vos yeux par la Nekacha puis utilisé à l’aide d’une seringue en plastique à bout rond pour sublimer mains et pieds de motifs fins uniques. Les dessins étaient autrefois réalisés avec un bout de bois fin.

Pas de Nekacha sous la main ou tout simplement plus assez de temps pour vous faire plaisir ? Pas de panique. Pensez au pochoir pour henné !

Véritable parure pour la femme, le henné protège, soigne et nourrit aussi la peau, les cheveux, les pieds et les ongles.

Plus aucune raison de ne pas découvrir le henné et de se faire plaisir !

sept 25 2013

Raconte-moi Aït Ourir

L’amandier (taleuzte en tachelhit)

 

 

L’amandier…

Amandier en fleurs - Vallée du Zat (Aït Ourir, Marrakech, Maroc) - 01/2013

Grand, élancé, puissant et résistant, l’amandier vit très longtemps… Il peut être centenaire et mesurer jusqu’à 10 mètres. Il est taillé en novembre et décembre : une mise en beauté rapide et annuelle suffit. 20 minutes top chrono !

Il a véritablement tout pour plaire !

Amandier en fleurs - Vallée du Zat (Aït Ourir, Marrakech, Maroc) - 01/2013

 

L’amandier est la deuxième espèce fruitière cultivée au Maroc après l’olivier et le premier arbre fruitier à fleurir. Dès la fin de l’hiver, en fait !

 

La récolte d’amandes fraîches se fait en mai et juin, celle des amandes sèches entre septembre et octobre. 2 à 5 kg par arbre.

 

Pas besoin de vous dire à quel point l’amande est bénéfique pour la santé. On peut consommer l’amande à tout moment de la journée. Elle peut être douce ou amère. Hé, oui ! Du choix, du choix et du choix ! Moi, je préfère les amandes douces.

Visionnez la galerie en cliquant sur une photo, puis sur les flèches de gauche ou de droite

  

 

Le summum de l’hospitalité à Aït Ourir ?

Du thé à la menthe servi avec des amandes ! Vous préférez le café ? Pas de problème. Noir ou au lait de vache ou de chèvre, vous pouvez le savourer avec des pâtisseries…  aux amandes bien entendu.

L’amande est très largement utilisée pour confectionner les pâtisseries marocaines (cornes de gazelle, briouates, cornets farcis…). On la retrouve sous toutes les formes : entière, grillée, effilée ou en poudre avec la particularité d’être petite et parfumée. C’est l’élément qualité de base. Le raffinement à l’état pur !

Pour les amateurs de sucré-salé, l’amande vous est proposée grillée dans les tajines aux pruneaux ou tajines de poulet aux olives vertes. Essayez-la également en salade pour remplacer les noix, vous ne le regrettez pas !!

 

Passons au petit-déjeuner. C’est un moment privilégié pour moi, pour ne pas dire le meilleur moment de la journée ! Si vous aimez les jus frais, testez le smoothie d’amande ! Un délice. On peut aussi le boire à toute heure de la journée !

Un petit creux ?

Pourquoi ne pas savourer une petite poignée d’amandes ? Vous serez rassasié tout en vous faisant plaisir. Envolée la culpabilité ! Vous avez déjà essayé d’en consommer après une randonnée ou un tour de calèche ? Oui, oui, un tour de calèche ! Prendre l’air, ça creuse. Il n’y a pas mieux que l’amande pour récupérer après l’effort ! Envie d’une glace ? Pourquoi pas un sorbet de lait d’amande ?

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Tout cela est bien beau et bien bon surtout ! La question cruciale que tout le monde se pose, c’est : où puis-je en trouver ?

Dans les souks et tout au long de l’année, y compris au souk d’Aït Ourir qui a lieu tous les mardis. Sinon, rendez-vous à la place centrale d’Aït Ourir (tasokte). Vous y trouverez votre bonheur quelque soit l’heure et le jour !  

Selon un proverbe berbère, « On ne connaitra la douceur de l’amande qu’après l’avoir mise dans sa bouche ».

 

Vous savez ce qu’il vous reste à faire… Bonne dégustation !

 

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